Société des études André de Richaud Novembre 2003 |
On n'est jamais trahi; on se sert des autres pour se trahir soi-même. |
Siège
social et administratif : 21, rue de la grande monnaie 84000 Avignon
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Le mot du Président
Nous venons de recevoir la livraison par les éditions Grasset, des exemplaires de la réédition de La Fontaine des Lunatiques , à laquelle notre association a activement participé. C'est du concret, et nous sommes satisfaits d'avoir pu mener à bien cette opération en si peu de temps. Et j'espère que nous allons continuer dans cette voie, notamment pour l'organisation des « premières Rencontres André de Richaud », l'été prochain à Mormoiron, dont notre Conseil d'Administration a décidé la tenue. Nous avons besoin pour réussir, de la participation active de tous ceux qui ne sont pas insensibles à l'œuvre et à la vie d'André de Richaud.
Assemblée Générale, mercredi 20 août 2003 : Compte-rendu
Le 20 Août 2003 à 17 heures nous nous sommes retrouvés au hangar de Lamy à Mormoiron à l'occasion de la deuxième assemblée générale de l'association Société des Etudes André de Richaud. Un anniversaire, quoi ! Qu'en aurait dit ou pensé Richaud ? Une commémoration ? Non, surtout, pas
Il faisait chaud, encore, comme il le fit caniculairement durant tout l'été dans ce haut pays de la Méditerranée. Qui se souvient de l'étoile de Sirius qui se lève et se couche avec le soleil, du 22 juillet au 22 août ? Et pourquoi dénommer cette étoile canicule, c'est-à-dire : petite chienne et assimiler une période de grande chaleur à un animal qui n'y peut mais ? Nous étions effectivement en pleine canicule, sans pour autant le savoir, hésitant entre l'étoile de Sirius dont se prévalait un célèbre éditorialiste du Monde, pour donner son point de vue sur les affaires du monde, et la petite chienne qui lape à belle langue l'eau fraîche à la fontaine…peut-être des lunatiques ou de la Font d'Anjou quelque part du côté de Perrache. Les chasseurs bédoinais cachent dans ses parages (de la Font d'Anjou) toujours une bouteille de pastis qu'ils retrouvent toujours fort à propos après les ardeurs de la traque. Et de Richaud devait sûrement connaître ce secret, un des plus mal gardés comme tous ceux qui hantent son œuvre.
Les élytres des cigales stridulaient encore longtemps après que la nuit fut tombée et on attendait en vain le friselis d'un courant d'air avant que le soleil matutinal ne s'élance, dans une grande enjambée, du cirque des Alpes suisses vers le sommet du Mont Ventoux. Quelque amicale que put être l'assemblée, les mots étaient lourds, les gestes las et l'attention surprise dans cette friche industrielle réhabilitée par la Municipalité de Mormoiron. Le thermomètre flirtait dangereusement avec les 40 degrés centigrades et l'absence d'air donnait un sentiment d'étuve, peu propice à la réflexion et à la dispute intellectuelle.
C'est donc dans cette ambiance que le président Philippe Rein ouvrit la séance, passant rapidement sur le rapport moral et les cinq résolutions soumises au vote des cinquante sept membres de l'association dont 35 avaient manifesté leur intérêt en utilisant le matériel de vote mis à leur disposition. Ainsi, les cinq résolutions, (qu'il nous semble utile de rappeler :
Résolution n°1 : l'assemblée générale approuve le rapport d'activité présenté par le Président. Résolution n°2 : l'assemblée générale approuve les comptes de l'exercice 2002-2003 et donne quitus au bureau. Résolution n°3 : l'assemblée générale approuve le maintien de la cotisation annuelle telle que précédemment fixée, savoir adhésion seule 15€, abonnement aux publications du bulletin, 8€ Résolution n°4 : orga nisation du colloque André de Richaud en 2004 (voir article dans le bulletin n°4). Résolution n°5 : accord de principe sur des collaborations (édition ou réédition des œuvres d'André de Richaud, co-production de spectacles).
Ont donc été adoptées à l'unanimité des suffrages exprimés.
De la même manière, les candidats au conseil d'administration ont obtenu :
Roger Colozzi 35 voix, Brigitte Bonicel, Gisèle Desforges, Valérie Maurin, Liliane Meffre, Philippe Rein, 34 voix. Jean Chaisse, Michel Gey, Michel Maurin, Jacques Mayer, Dominique Sennequier , 33 voix..
A la tribune, les choses allaient bon train pour assurer le dépouillement de cette consultation et permettre l'annonce de ces résultats tant attendus par les uns et les autres dans la salle. Il serait inexact de prétendre que d'aucuns attendait avec fébrilité les résultats. Encore que ! Peut-on jamais savoir ? Le plaisir saugrenu d'une turpitude enfantine ? Las. Le débat sur l'opportunité d'organiser un colloque qui ne soit pas un colloque mais qui soit plutôt une rencontre de vulgarisation de l'œuvre d'André de Richaud, tout en conservant un niveau qui conserve ( que donne le carré de conserve ? Il faudrait interroger un mathématicien.) une dimension scientifique enfla, prenant la dimension comparable à l'empoignade générale à propos du but marqué contre son camp par l'avant-centre de l'équipe locale jouant sur sa pelouse. On se serait cru au bar du Café de France à Althen des Paluds, un de ces dimanche soirs d'hiver que décrit Richaud dans la Douleur , lorsque la bière coule à flot après le match.
Le Président ne savait plus où donner de la tête, d'autant qu'il comprenait l'impatience de Madame Marie-Claude Char, appelée à rejoindre Isle-sur-la-Sorgue en tout début de soirée, tenue par ses obligations édilitaires, qui souhaitait, auparavant, entendre la lecture proposée par Alain Cesco-Résia avec Madeleine Attal. Réussissant à se faire entendre, il proposa qu'on en reste là du débat et qu'on écoute la lecture. Ainsi fut fait et le café du Commerce ferma ses portes comme il les avait ouvertes, laissant libre cours à des propos plus amènes et plus dans le ton de l'assemblée qui présentement siégeait.
Lecture accomplie, le temps et la température avaient fait leur œuvre. Les gosiers étaient secs. La pépie menaçait. Quelques capsules de bouteilles d'eau fusèrent. Le traiteur apprêtait les petits fours. L'heure n'était plus à la concentration et l'ordre du jour de cette assemblée générale était oublié. On ne connaîtrait donc pas le résultat de ces élections. Présentation fut faite, rapidement, presque esquivée, du site de la société des études André de Richaud que vous pouvez utilement consulter en tapant sur Internet, www. se-andrederichaud.com. La deuxième assemblée générale de l'association « Société des études André de Richaud » était dite comme est dite la troisième messe basse dans le conte d'Alphonse Daudet. Le traiteur avait bien fait les choses. Tant et si bien, que personne ne s'aperçut qu'on était loin d'avoir épuisé l'ordre du jour. Ce n'est peut-être pas tout à fait vrai, car il semble bien que l'un d'entre nous fut marri et le manifesta. Brisons là. « Je m'aperçois maintenant qu'à vouloir raconter mes histoires, je les provoque. ( La nuit aveuglante )
Conseil d'administration Compte-rendu
Le Vendredi 31 octobre 2003, le conseil d'administration nouvellement élu s'est réuni à 16 heures à la bibliothèque de Mormoiron. Etaient représentés, donc présents quoique absents : Michel Maurin, Dominique Sennequier, Michel Gey.
Aucune candidature n'ayant été déposée au secrétariat administratif de l'association par courrier, il fut procédé à la réélection du bureau sortant, savoir, Philippe Rein, président, Liliane Meffre, Vice-présidente, Jean Chaisse, secrétaire, Brigitte Bonicel, trésorière.
Communication fut faite de l'état d'avancement de la réédition par Grasset dans la collection des Cahiers Rouges de « la Fontaine des Lunatiques ». Il a été décidé que l'association offrirait les exemplaires dont elle dispose à des bibliothèques et à des sociétés de lecture en proposant, à l'occasion de chaque remise, une petite manifestation qui fasse mieux connaître (Selon la logomachie des communiquants qui ont pignon sur rue aujourd'hui, on parlerait de médiatisation. Il n'est pas certain que cela veuille dire la même chose.) l'œuvre d'André de Richaud.
Liliane Meffre et Jean Chaisse sont chargés d'organiser la remise inaugurale à la bibliothèque de l'Université d'Avignon et des pays du Vaucluse, manifestation à laquelle seront invitées toutes les sociétés de lecture et les bibliothèques municipales de la région en présence de la presse et des autorités. Nous vous tiendrons régulièrement informés de ce calendrier et vous invitons à vous y associer et à suggérer des initiatives.
Dans le prolongement des décisions de l'assemblée générale et du débat avorté du 20 août, Philippe Rein et Jacques Mayer sont chargés d'explorer les pistes ouvertes pour organiser une manifestation à Paris, que ce soit à la Librairie Nicaise ou au marché aux livres de Saint Sulpice ou tout autre lieu (comme la maison de la Poésie , par exemple.) permettant une opération de communication à destination des médias à propos de l'association et de l'objet qu'elle s'est donnée. Il semblerait que ce ne soit déjà possible qu'en 2005 pour la librairie Nicaise, sans que les conditions financières aient été abordées.
Il avait été imaginé initialement qu'une synergie serait recherchée entre l'opération de communication parisienne et la manifestation du type colloque ou rencontre, l'une étant l'annonce médiatique de l'autre Or les difficultés précédemment exposées conduisent à remettre en cause ce schéma et obligent à retourner au projet initial tel qu'exposé dans le bulletin n° 4 par Liliane Meffre, et en tenant compte des observations formulées lors de l'assemblée générale. En conséquence, il est apparu au conseil d'administration, que dans la deuxième quinzaine du mois d'août 2004, une journée entière pourrait être consacrée à André de Richaud. Outre l'assemblée générale statutaire, cette journée pourrait présenter trois volets : une rencontre de caractère scientifique à propos de l'œuvre du poète ; des témoignages de contemporains sur la vie et l'œuvre d'André de Richaud ; des lectures permettant de mieux faire connaître sa poésie, son théâtre ou ses romans.
Liliane Meffre ensuite fit part des échanges avec le Professeur Gérard-Denis Farcy, de Caen, à propos du souhait de ce dernier de publier une édition critique du théâtre d'André de Richaud. Philippe Rein rappela les discussions qu'il a conduite avec les éditions Grasset et la position négative du conseil éditorial de cette maison. Ces négociations, d'ailleurs, ont débouché sur la réédition de La Fontaine des Lunatiques comme il a été dit plus haut. Jean Chaisse a rappelé les échanges qu'il a eus avec Thierry Galibert, Secrétaire général du Centre des Ecrivains du Sud, et une éventuelle publication de ce théâtre par Edisud. Or, il semble bien que cette initiative reste pour l'instant, en suspens. Philippe Rein précise qu'il prend contact avec les éditions du Temps qu'il Fait, à Cognac, qui, il y a une dizaine d'années, avaient annoncé l'édition de Village et du Château des Papes , afin d'étudier avec cet éditeur qui a déjà largement contribué à la connaissance de l'œuvre d'André de Richaud, grâce à la réédition de nombreux ouvrages, les voies et moyens pour mener cette édition à bonne fin. Liliane Meffre, enfin, a fait part des travaux universitaires conduits par Mlle Marion Estorges-Mirzéa, à Clermont-Ferrand. Il a été suggéré que cette étudiante, nouvelle adhérente de notre association, tente d'organiser à Clermont-Ferrand, si possible à la bibliothèque universitaire une remise d'ouvrage, comme il est proposé.
L'ordre du jour étant épuisé, le Président clôt la séance à 18 heures.
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Nous publions ci-après, avec l'aimable autorisation du propriétaire du manuscrit, Philippe Rein, un poème inédit, à notre connaissance, d'André de Richaud, signé de Caromb, sans précision de date. Toutefois, eu égard à la facture du texte ; malgré l'envoi consacré à Charles Baudelaire, André de Richaud trouve son inspiration dans le bateau ivre de Arthur Rimbaud.
Le Voyage ébloui
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