Société des études André de Richaud |
On
n'est jamais trahi; on se sert des autres pour se trahir soi-même. |
Siège social et administratif : 21, rue de la grande monnaie 84000 Avignon
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sans indication précise de lieu ni de date. Cependant, la tenue militaire d'André de Richaud permet de la situer pendant son rappel sous les drapeaux en 1939-1940. D'autre part, les éléments du décors perceptibles «évoquent la rue de la Loge à Montpellier, à hauteur des halles de Castellane. Mais ces conjectures doivent être confirmées. Cette photographie a été déposée au Fond André de Richaud par Madeleine Attal, productrice radiophonique à Montpellier et à France-Culture, comédienne. Elle la tient elle-même de la veuve de Gaston Baissette. Gaston Baissette, médecin, écrivain, humaniste, est né à Mauguio dans l'Hérault, à côté de montpellier. La médiathèque de la commune porte son nom et a fêté le centième anniversaire de sa naissance le 20 octobre 2001. Gaston Baissette est surtout connu par trois de ses œuvres : « Ces grappes de ma vigne » que Julliard a réédité en 1975. Ce roman relate les événements dramatiques de 1907, la révolte des viti-viniculteurs et les incidents de Narbonne durant lesquels l'armée a tiré sur les manifestants.
Dans « Isabelle de la garrigue », on retrouve certains des personnages de l'œuvre précédente dans le climat plus serein qui suit la deuxième guerre mondiale. Certains critiques ont relevé l'inspiration virgilienne de ces textes.
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« L'étang de l'or » |
Il constitue une véritable ode à la Septimanie et à la terre d'Oc et offre une description poétique et lyriques de ces espaces terraqués chers à Delteil et à Gullevic. Ainsi, Gaston Baissette participe de ce grand mouvement artistique et littéraire méditerranéen dont André de Richaud est une figure marquante avec Albert Camus, Joseph Delteil, Edmond Charlot et tous les membres de la revue Fontaine dans l'Entre-Deux-guerres. Gaston Baissette a écrit aussi des chansons, notamment « la chanson populaire ».
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qui a collaboré avec Pierre Bourgoin au centre d'Essai de Montpellier, a travaillé à de nombreuse reprises avec André de Richaud pour la production d'émissions radiophoniques et a rencontré le poète rue des canettes à Paris. Lors d'un entretien, elle nous a confié son admiration pour cet auteur et leurs nombreuses collaborations. D'ailleurs, elle a versé au Fonds André de Richaud un tapuscrit inédit d'une pièce « Le seigneur de Minuit », le manuscrit, « Les gentilshommes de Vérone », réduction radiophonique d'après Shahespeare, ainsi que le tapuscrit d'une émission intitulée « Robinson devant les livres » consacrée à André de Richaud que nous reproduisons ci-après. Elle a évoqué d'autres titres encore, tels « La Madrégale », « L'enchantement des images » et d'autres encore qui semblent avoir disparu et qui ne sont pas répertoriés dans le double numéro du Temps qu'il fait. Elle nous a expliqué que cette situation était compréhensible du fait de la rusticité des conditions dans lesquelles ces émissions étaient enregistrées, bien souvent directement sur un disque souple qui n'a pas été conservé. S'ouvre là un champ insoupçonné de la production littéraire d'André de Richaud qui inviterait à un rapprochement avec la démarche de Robert Desnos qui, dès avant la deuxième guerre mondiale s'est orienté délibérément vers ce mode d'expression.
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Aujourd'hui André de Richaud devant les livres |
Le principe de cette émission est très simple : quel est le livre ou les deux livres que vous emporteriez sur une île déserte. Il s'agit évidemment d'un jeu. André de Richaud devant les disques avait choisi : L'invitation à la valse » de Weber et « Les Gymnopédies » d'Eric Satie, émission diffusée il y a quelque temps déjà sur Toulouse. Voici aujourd'hui, André de Richaud devant les livres.
Ma foi, si je devais finir mes jours sur une île déserte, l'idée ne me viendrait jamais d'emporter un livre, mais enfin, si vous tenez à être gentil avec moi… Dans ce cas là, les gens bien disent »La bible » ou « La Divine Comédie ». Ce qui prouve qu'ils ne les ont jamais lues, alors pardon….Ils méritent, non pas d'être relégués sur une île déserte où vendredi est toujours dimanche, mais d'être condamnés à aller chaque jour à une exposition de peinture, chaque jour à une générale, chaque année aux six jours et à suivre le tour de France. Tout bien réfléchi, j'emporterai avec moi pour rever – si le goût m'en venait – un indicateur des chemins de fer et un livre de cuisine. L'indicateur, ce doit être merveilleux quand le temps ne compte plus. « Le Paris-Berlin part à 8h 55 ». Je m'assieds sur les heures et je joue avec les minutes, comme les orien,taux avec leurs boules d'ivoire. Vous vous rendez compte ? Il n'y a plus de couchettes ce soir pour Salzbourg… La primadona qui doit chanter « Cosi fan tutti », vient d'avoir une crise de nerfs dans les bras de son imprésario, et sur le quai de la gare. Moi, étendu sur les feuilles de latanier, j'entends au loin le gémissement de la hulotte ? Je feuillette le livre magique. J'imagine que de Paris, je vais par exemple à Marseille. Toute la nuit, heure par heure, je mesure le temps à la course de la lune, je jouis de mon bonheur. Un peu après Laroche : gueule de bois. Je m'en doutais. Le bisque d ‘écrevisse du buffet de la gare de Lyon était infect. Dijon. Le malaise s'accentue. Ah, si je pouvais descendre ici. Les escargots et le vin. Mais voilà le train est reparti. « Le train s'en va, le train s'en va, madame… Le train s'en va et nous, nous en allons…. » En fait de Madame, il y a en face de moi une vieille bonne femme qui m'as pris pour un écrivain et qui m'a dit, la bouche en cul de poule : « oh, monsieur, j'avais bien deviné que vous étiez monsieur Duhamel ». Et ainsi toute la nuit, les reins cassés, la tête lourde et la langue révolutionnaire. Je ferme le livre et je m'endors sur mon île déserte. On crie « coussins-couvertures », et moi qui ait toujours un peu de mauvais goût LAPIN agile sur l'oreille, j'entends « Toussaint louverture. Excusez moi… » Pour le livre de cuisine, c'est autre chose, un livre de cuisine, c'est le digest de la vie. Avez-vous remarqué combien les américains ont le « tact » des mots, si j'ose dire ? En gros, ça signifie – si je comprends bien l'américain – qu'on gave les oies, et qu'après le traitement, ces oies ont une gueule de papier mâché. J'adore les livres de cuisine. Il y a à boire et à manger là dedans. Il y en a qui lourds comme des antiphonaires, et d'autres exigus comme des carnets de bal. Il y en a pour les bonnes cuisinières de campagne – qui, heureusement, ne savent pas lire – et d'autres pour les cuisiniers aux doigts subtils, qui ont des chapeaux pointus comme les magiciens. Faire périr le fermier gênant avec un bœuf miroton, ou rendre la sultane stérile avec la confiture de yapana, ça relève du même art, comme la porte des lions à Mycènes et la sainte Geneviève de Landowsky : la sculpture. Cependant, il y a des livres de cuisine qui sentent bon. On les ouvre et c'est tout un pays aimé qui vous saute aux yeux en larmes. En général, c'est le pays de votre enfance. Proust a fait sortir tout le panorama de Combray d'une tasse de thé où il trempait un morceau de madeleine. S'il est vrai que ce qu'il y a d'impérissable dans nos souvenirs repose sur les sensations de l'odorat et du goût, qui sont à la fois les plus riches et les plus puissantes, je vous demande la permission de faire sortir Carpentras, ses monuments, ses vertus et toutes les ressources de son terroir, d'un « gratin de truffes ». C'est le plus merveilleux des poèmes. (disque) Procurez vous des truffes de pays De la grosseur d'une pomme de terre. Brossez les. Pelez les Ecrasez les épluchures dans un mortier, Avec un peu d'huile. (disque) (emphatique) Découpez vos truffes en forme d'escalopes (doux) et mettez les à cuire à feu doux. (martelé) dans une casserole en terre ; Avec une carotte Un blanc de poireau Un oignon (voix douce) du thym une feuille de laurier haché très fin (récitatif) votre purée d'épluchures et un fond de veau lié. (naturel et dégagé) Mouillez en cous de cuisson avec un verre de Chateauneuf du Pape. (disque) Et servez en plaçant sous chaque escalope (tous en chœur) un crouton de pain frit. Mais maintenant vous me mettez les larmes avec votre île déserte. Je ne veus pas y aller, là, je veux aller à Carpentras. Pour le livre, si vous y tenez vraiment, choisissez vous même celui que je dois emporter. E livre, nos l'avons choisi. André de Richaud est déjà parti pour l'île. L'île de sa propre solitude. Il en a rapporté ce journal , qui est le dessin profond de son vrai visage, celui de l'homme…. (disque) » |