Société des études André de Richaud
Bulletin de liaison n°10
Août 2006

 

On n'est jamais trahi; on se sert des autres pour se trahir soi-même.

 

Siège social et administratif : 21, rue de la grande monnaie 84000 Avignon




Assemblée générale annuelle : vendredi 25 Août 2006 à 17 heures au plan d'eau de Mormoiron

 

Le temps s'étire, encore et encore, comme ces fils de gomme que les enfants mâchent imperturbablement, comme ces nuits dont les lambeaux s'effilochent aux pointes des irisations matutinales sur le Ventoux. Un an depuis le dernier bulletin de la Société des Etudes André de Richaud qui annonçait la dernière assemblée générale. Elle s'est déroulée à Mormoiron le 19 Août 2005 à 16 heures dans la salle des associations, au dessus de la mairie, là où eurent lieu les premières rencontres André de Richaud.

On ne peut pas dire qu'il y ait eu affluence, moins que lors de ces fameuses rencontres, beaucoup moins même, mais seuls ceux qui étaient présents ont pu le remarquer. Et il serait possible de digresser à perte de vue pour expliquer l'inexplicable, la date, le jour, l'heure, le temps, trop chaud, le soleil trop… Qu'importe ! Le fait est là, laconique, et témoigne de la réalité : la difficulté de faire vivre une association qui a la prétention de se consacrer, uniquement, à la découverte d'une œuvre et d'un auteur, en dehors de tout autre intérêt incident ou connexe.

Car, les bonnes volontés manquent – Et on devrait normalement s'étonner qu'une volonté dût être nécessairement « bonne » - lorsqu'il s'agit de l'animation d'une association. Mais telle est bien la réalité constatée, ce d'autant plus que certaines velléités ont été dissuadées.

Telle est la situation. L'association est à la peine et manque de « volontés », « bonnes » - c'est évident- et même sans qualificatif aucun.

Lors de cette assemblée, après les rapports d'usage du Président et de la Trésorière , qui furent approuvés à l'unanimité, un débat assez confus et monotone s'engagea sur les axes que l'association devrait poursuivre. On ne put échapper aux considérations creuses sur les modes de communication qui en appellent à la nécessité d'une information la plus large possible, donc facilement accessible et à la portée de tous, donc inintéressante au possible car banalisée.

Il fut bien entendu question du numéro spécial de la revue Europe. Le dossier va son train et est lié à la disponibilité des contributeurs qui ont été contactés par Philippe Rein. A ce jour, un seul texte émanant de J.J Lêveque est connu. Il s'intitule « le fauteuil d'Emmanuelle », clin d'œil en direction du roman éponyme d'Emmanuelle Arsan et d'un film culte des années 1970 produit par Mr. le Maire de Ménerbes, Rousset-Rouard, mais aussi d'un fauteuil qui se trouvait dans la librairie d'Adrienne Monnier que fréquentait, bien sûr, André de Richaud.

André de Richaud est né le 6 Avril 1907 à Perpignan. Se pose donc la question de la célébration du centenaire de sa naissance. On peut se demander quelle aurait été sa propre réaction s'il avait connu la fièvre mémorielle que manifeste notre société. Elle est, sans aucun doute, la forme la plus caractéristique de l'oubli, comme l'affirme le sociologue. Quoiqu'il en soit, contact pris avec la très officielle délégation aux célébrations nationales, qui est établie au 56 de la rue des Francs Bourgeois et est une émanation du Ministère de la Culture , il ne semble pas possible que le programme, que l'association pourrait éventuellement élaborer, si quelques « bonnes volontés » se manifestaient, soit retenu, ne serait-ce que sur une liste complémentaire. L'œuvre d'André de Richaud ne fera pas l'objet d'une reconnaissance « officielle » par le biais de la fièvre mémorielle. Reste à savoir si nous nous satisfaisons de ce dictat « officiel » ou si nous souhaitons passer outre et transgresser l'ordre établi. Encore faudrait-il savoir si telle est l'intention des membres de l'association.

La question reste ouverte et il faudrait lui apporter réponse rapidement, car, comme cela a déjà été dit, les nuits succèdent aux jours (ou l'inverse), et le temps des horloges fait semblant de passer, ou de tourner en rond. C'est selon !

Lors de cette assemblée, Alain Cesco-Résia, comédien qui a déjà donné un spectacle intitulé « Droit d'asile » au festival d'Avignon, a proposé d'initier un parcours d'auteur pour faire découvrir de Richaud. Il a été proposé que l'association aide cette initiative en apportant une contribution sous forme financière permettant de financer la diffusion du programme et la recherche de lieux d'accueil.

La rédaction de la convention devant matérialiser cet engagement a pris pas mal de temps du fait de tergiversations, la place des virgules et les points sur les « i ». Un véritable travail de bénédictin ! Tant et si bien que la signature de la convention est intervenue bien après le lancement de l'opération qu'elle était sensée aider et amplifier ! Plusieurs escales ont déjà eu lieu, à Bouchet au mas de la Baume , à la librairie « L'ami voyage et compagnie » à Avignon, à Boulbon, etc. Une affaire qui marche sans que l'aide de l'association n'ait encore été versée !

Michel Gey, plus connu sous son pseudonyme de peintre « Cortedune », fit part à l'assemblée de l'invitation reçue du centre culturel communal de Carpentras à exposer ses dernières œuvres au mois de février 2006, et notamment une série de vingt cinq tableaux inspirés par « La création du monde » d'André de Richaud.

Le vernissage de cette exposition a eu lieu, en avant-première de l'ouverture officielle au public, le 2 février 2006 à 18 heures sous la présidence de Madame l'Adjointe au Maire de Carpentras chargée de la culture. Après quelques mots de bienvenue saluant l'artiste, elle donna la parole à Madeleine Attal qui fit une lecture des premières pages de l'œuvre d'André de Richaud, comme, elle seule, peut rendre le lyrisme sensuel de cette fable ou de ce conte philosophique provençal à portée universelle.

Le public nombreux et attentif, qui se pressait dans les deux salles de l'exposition malgré le froid piquant qui sévissait sur les Allées des Platanes, se réchauffa vite à l'audition de cette verve lyrique qui introduit la lecture très originale que le jeune de Richaud fit à tout juste vingt ans du mythe fondateur de la Chrétienté , à travers laquelle il exprime sa conception de l'amour, proche et à coup sûr inspirée par les idées professées alors par Henri Bergson, notamment dans « L'évolution créatrice ».

 

« La route que nous parcourons dans le temps est jonchée des débris de tout ce que nous commencions d'être. » Henri Bergson (L'évolution créatrice).

 

Plus de deux cent personnes, dont nombre d'entre elles n'avaient jamais ouvert un livre d'André de Richaud, furent saisies par la vois envoûtante de Madeleine Attal. Il y a fort à parier que parmi les Carpentrassiens présents, nombre d'entre eux, notamment ceux qui gardent le souvenir du dernier séjour richaldien dans la ville et qui ont des préventions mal fondées sur une réputation assise sur des on-dits et le souvenir d'un verbe chaleureux, goguenard et plein de forfanteries, ne résistèrent pas au plaisir des oreilles et ne ménagèrent pas leurs longs applaudissements. Le verre qui termina la soirée permit de longs échanges de vue sur l'œuvre de Cortedune, sa lecture très personnelle de La Création du Monde.

En effet, le peintre a mis en exergue le bestiaire qui emplit cette œuvre de sa chaude présence muette dans cette vaste multitude de temps qui s'entassent les uns sur les autres au point de se confondre avant que le Dieu ne gravisse, la flûte à la main, ce tas de branches mortes amassées sur la plage par Adam et Eve à sa demande. Un éléphant blanc, une licorne, des oiseaux de feu aux plumes luxuriantes….

Comment ne pas évoquer le petit opuscule publié en 1982 par Marie Morel dans la collection Regard et consacré à André de Richaud intitulé « L'amour des bêtes ».

 

 

 

L'amour des bêtes

« Le matador, encore tout poisseux de la sueur du combat ; les mains presque rouges du sang du taureau, est enfin seul.Il verrouille soigneusement la porte et, avec un rire secret, tire d'une minuscule cage dorée…une souris blanche. La souris trouve cela très naturel car de tous temps, les animaux se sont amusés des hommes et si, après leur mort ils consentent à les vêtir ou à les nourrir n'est ce pas encore pour les posséder ; pour les avoir une dernière fois ; pour s'incorporer en eux ; pour se survivre en eux ? C'est le prix de toute vie consacrée à se divertir de leur naïveté : le chat apprivoise la vieille dévote ; le taureau fascine dix mille personnes dans une arène, le poisson soumet le pêcheur à son caprice. Notre âme est la proie des petites bêtes comme notre corps est la proie des grosses et beaucoup de gens préfèreraient être dévorés par un tigre que de perdre un singe favori. » …

 

 

Madeleine Attal fut elle-même surprise par le nombre d'auditeurs et la qualité de l'écoute tout au long de la lecture qui dura presque une demi-heure. Ce constat fait bien la démonstration tangible de l'intérêt de susciter de telles manifestations pour initier un regain d'intérêt autour de l'œuvre d'André de Richaud. Madeleine a d'ailleurs participé à un spectacle organisé par le Théâtre de Nîmes début Mars dans le cadre de l'animation des musées de la ville. Malheureusement, nous n'avons pu assister à cette manifestation qui a eu lieu un mercredi à 19 heures.

D'ailleurs, Madeleine Attal est associée au parcours d'auteur d'Alain Cesco-Résia et envisage de participer à de tels moments dans la mesure où les lieux artistiques ou les associations supports peuvent en assumer la charge.

 

 

Liliane MEFFRE, de Paris, à propos de Dada , à la cité universitaire internationale,

à Saint Petersbourg et André de Richaud

« Je suis très occupée jusqu'à la fin janvier : examens et organisation à Paris, à la cité universitaire internationale d'une journée sur le dadaïsme à l'intention de l'ensemble des universités. »

« Ayant reçu une invitation à faire une conférence à l'Université de St Petersbourg, j'ai proposé au centre d'études françaises de présenter l'oeuvre d'AdR. La directrice a immédiatement accepté, ce serait entre le 13 et le 19 mars, si le service public français ne joue point trop à l'escargot pour renouveller mon passeport malencontreusement expiré début janvier car il faut ensuite, "à la soviétique", échanger scan du passeport, invitation officielle, visa etc..

Si donc cela se fait je demanderai à la Société de me fournir quelques exemplaires d'oeuvres à emporter et à offrir à St Petersbourg. »

« Devant une salle comble, le 17 mars 2006, j'ai donc présenté André de Richaud et offert la douzaine de livres apportés, offerts par la Société , Ph. Rein, J. Mayer et moi-même, au grand enthousiasme des membres du Centre d'études françaises de l'Université d'Etat de ST Petersbourg. Mon intervention s'est également inscrite dans la semaine de la francophonie organisée par l'Institut français auquel j'ai rendu une visite de courtoisie. Il s'avère que le français est bien étudié à St Petersbourg dés l'enseignement secondaire, que les échanges avec l'espace francophone sont multiples (j'avais également une séance de travail avec le conservateur en chef du Musée d'ethnographie qui rentrait d'une mission à Abidjan) et les demandes nombreuses. »

Je suis invitée avec insistance à revenir au Centre d'études françaises, au Musée d'ethnographie et à l'Institut français dans le courant de l'année prochaine pour séminaires et conférences. »  

 

 

 

Edition des œuvres complétes de Serge Avédikian par le producteur « Chalet pointu » en deux DVD dont un est consacré à Andfré de Richaud et intitulé  « J'ai bien connu le soleil ».

L'un des bonus de ce dvd est constitué par un entretien de Philippe Rein présentant l'association.

 

 

 

L'inauguration de l'école maternelle d'Althen des Paluds à laquelle la Municipalité a décidé de donner le nom d'André de Richaud

« Monsieur le Maire d'Althen est venu me voir hier (14 février 2006) à propos de l'inauguration en septembre, de l'école maternelle qui portera le nom d'André de Richaud. Rien de très précis, mais quelque chose de grand !

Je l'ai informé des moyens dont dispose l'association en audiovisuel, photo, etc (sous réserve de la possibilité d'en faire une utilisation publique).

A paru intéressé et compter sur l'association »

Position de Liliane Meffre (e-mail 16/02/2006) :

« Très politiquement incorrecte cette visite du maire d'Althen!... »

Position de Jean Chaisse  (e-mail 14/03/2006):

« Le maire d'Althen, dans un courrier qui m'est personnellement adressé (9 Mars 2006), m'informe de son souhait d'organiser une exposition de Richaud durant les mois de septembre-octobre 2006, en dehors ou en plus de l'inauguration de l'école maternelle, à la même période.

Avec Brigitte, nous avons décidé de répondre, à titre personnel, favorablement à cette sollicitation.
Reste à savoir si la Société des Etudes André de Richaud souhaite être associée à cette manifestation.  »

Position de Philippe Rein (e-mail 14/03/2006) :

« A mon avis ce serait une excellente chose pour l'Association de participer à cette exposition… Mais que pourrions-nous apporter ? Peut-être pourrait-on « intervenir » pour que les quelques documents qui sont peu courants se trouvant à la Bibliothèque de Mormoiron, soient prêtés à cette expo ? Personnellement je suis bien entendu tout à fait disposé à prêter quelques pièces peu courantes (manuscrits ou dessins). Toutes tes suggestions seraient bien entendu bienvenues. »


Etat du dossier :

Séance de travail du 5/05/2006 à 17 heures en mairie

 

Exposition André de Richaud

à Althen des Paluds

Septembre-Octobre 2006

Hôtel de Ville

Salle du Conseil Municipal

et pallier du 1 er étage

 

 

Présentation :

- Documents originaux constituant le fonds André de Richaud appartenant à Jean Chaisse et déposé à la bibliothèque municipale de Mormoiron, augmenté de quelques acquisitions récentes. (Environ 120 documents)

 

- Portrait du poète réalisé par Cortedune (format 1x1) dans le cadre de l'exposition « Cortedune » à la Charité à Carpentras en Février 2006 incluant la lecture illustrée de «  La Création du Monde » (25 tableaux de même format). L'ensemble de ces œuvres est la propriété de l'artiste.

 

- Illustration à partir de la collection de photographies de Brigitte Bonicel : la taille des reproductions sera limitée par les possibilités offertes par les négatifs.

 

Mobilier :

-  Vitrine 5 mètres linéaires minimum.

A mettre à disposition par la mairie

- Biographie sommaire et bibliographie : L'association peut se charger de la rédaction des textes.

Panneaux de présentation, au minimum 2 (1,5x3). Procédé de réalisation technique à déterminer en fonction du budget.

Durant l'exposition, il serait peut-être opportun de mettre le site de l'association à disposition des visiteurs. Pour ce faire, il conviendrait de l'enregistrer sur dvd et d'équiper la salle d'un lecteur.

Il peut être envisagé un parcours à travers le village constitué par des panneaux sur lesquels seraient reproduits des textes tirés de l'œuvre d'André de Richaud et relatifs à la vie du village, accompagné de photographies ou de cartes postales de l'époque.

Le jour de l'inauguration de l'école, ce parcours (le café de France, l'église, l'école, peut-être le stade, le cimetière et la tombe d'André de Richaud, la maison où il a habité) pourrait être effectué à pied par les autorités avec lecture des textes, y compris à l'école, par un comédien pour se terminer par la visite de l'exposition à la mairie.

Durant l'exposition, il pourrait être envisagé des lectures et des conférences introduisant à la découverte de cette œuvre et de l'homme, ce qui conduit à soulever l'opportunité éventuelle d'un programme.

 

Dernière péripétie  :

e-mail de Liliane Meffre en date du 25 juillet 2006 :

« Madame la vice-présidente vous tire sa révérence et laisse le champ libre aux glorioles locales. Bon vent politico-people ! »

 

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