1907-6
avril – |
Naissance à Perpignan. Son père de petite noblesse dauphinoise (un Richaud, bûcheron a été anobli par Louis XI pour avoir sauvé le Dauphin perdu dans les bois) est né à Salles dans la Drôme. Il est professeur au lycée de Perpignan. Sa mère, Corinne Virginie Dellière est née à Peypin d’Aigues. Le père de cette dernière est secrétaire de la mairie d’Althen des Paluds. |
1912
– |
Naissance
de Pierre de Richaud, son frère. Le père est nommé
au Lycée de Nîmes. Edouard Daladier, jeune agrégé,
enseigne dans ce même lycée. Il est élu maire de
Carpentras. |
1914
– |
Installation
de la famille à Althen des Paluds, chez le grand-père
maternel. Son père est tué le 20 décembre au combat
des Marlieu, commune de Neuvilly (Meuse). |
1923
– |
Décès
de sa mère le 9 août. Elle a 40 ans. |
1924
– |
Adolescence
solitaire chez son grand-père : « un assez terrible instituteur
franc-maçon » (Jean Loise) et l’oncle Bourguignon
à Caromb. Etudes en tant que pensionnaire au collège de
Carpentras avec Pierre Seghers, André Neyron et quelques autres.
Il fréquente le « four du Blondin », la boulangerie
du boulanger-félibre François Jouve avec lequel, une fois
étudiant, il échangera une correspondance en provençal.
(Fonds François Jouve à la bibliothèque Imguebertine
à Carpentras). |
1925
– |
Il
joue au football dans l’équipe de Caromb et a une aventure
sentimentale : « A dix-huit ans, j’aimais A.L… Elle
contenait en raccourci tout ce que je croyais qui faisait la vie, c’est
à dire un ensemble de choses désastreuses. » Elle
prendra les traits d’Esther dans « La Barette Rouge ».
|
1926
– |
Après
le baccalauréat, études de droit et de philosophie à
Aix-en-Provence. Maître d’internat au lycée Mignet
avec Marcel Pagnol. Grâce au conservateur de la bibliothèque
Méjeanes qui l’a pris en amitié, il rencontre André
Gaillard, poète et fondateur des Cahiers du Sud et Joseph d’Arbaud,
écrivain-félibre, directeur de la revue « Le Feu
». Il publie « Comparses » chez Jacques Marcireau
à Poitiers. |
1927
– |
Il
écrit la « Vie de Saint Delteil ». |
1928
– |
Rencontre
de Mauriac à Aix-en-Provence. L’écrivain l’encourage
à écrire. Il publie « Vie de Saint Delteil »
et fait le voyage de Pieusse, « espadrilles aux pieds »,
où il rencontre le poète |
1929
– |
Professeur-adjoint
de philosophie au lycée de Meaux. Il prépare l’agrégation
qu’il ne présentera jamais du fait de son état de
santé. Il adapte « Hécube » d’Euripide. |
1930
– |
Il
publie chez Grasset « La Création du Monde », premier
et unique ouvrage d’une nouvelle collection dirigée par
Delteil « Les Grands Evénements du Monde ». Il écrit
« Village » aussitôt accepté et monté
l’an d’après au théâtre de l’Atelier
par Charles Dullin. |
1931
– |
Premier boursier de la fondation Laurent Vuibert à Lourmarin, en compagnie d’Henri Bosco et du philosophe Jean Grenier. Ce dernier, nommé professeur à Alger, fera lire « La Douleur » à son jeune élève Albert Camus pour qui ce livre sera une révélation et l’apprentissage de l’écriture. (voir Albert Camus, Œuvres complètes). Il rencontre Charles Dullin et Darius Milhaud. Il publie « Images de Saint-Gens » aux Terrasses de Lourmarin, illustré par son ami peintre aixois Jaume Guiran et « La Douleur » chez Grasset. Le roman a du succès, le jury du Prix du Premier Roman (Giraudoux, Estaunié, Maurois, Bernanos, Pourtalès, Green, Lacretelle, Mauriac) se divise du fait de l’emploi réitéré de l’adjectif « boche » (neuf fois), et lui refuse le prix. Jugements flatteurs et succès de scandale. Delteil le défend avec fougue. |
1932
– |
Dullin
monte « Le Château des Papes » avec une musique de
scène de Darius Milhaud. Première le 14 octobre. Service
militaire à Paris, à l’Ecole Militaire. Il se lie
à Bel, le fils de la « Vache qui Rit ». Max Jacob
affublé du titre de Préfet fréquente le mess des
officiers. Même Joséphine Baker y viendra. Scandale. Il fréquente aux « Deux Magots », Baron, Vitrac, Prévert, Queneau, Desnos, Sylvia Bataille, Leiris, Ribemont Dessaignes, Caroline Dudley et la Revue Nègre. |
1933
– |
Il
prépare « Souvenir du Pays Magique » dont il promet
à Jean Ballard, animateur des « Cahiers du Sud »,
une « importante préface ». Le livre doit paraître
simultanément en français et en italien. Georges Pitoëff
doit jouer « le Bel Esprit » (est-ce L’Homme Blanc
?) . Il publie le roman « La Fontaine des Lunatiques » en octobre chez Grasset. Accueil mitigé. Libéré en octobre 1933, il est nommé professeur-adjoint au lycée Saint-Louis à Paris. |
1934
– |
Il
abandonne l’enseignement. De janvier à Mars il revient
« au pays » (certainement à Caromb et à Vaison-la-Romaine,
chez ses amis Ulysse Fabre). Intrigue sentimentale et familiale qui
servira de trame à « L’amour Fraternel ». Il
se fâche avec son frère. Il termine « L’Homme Blanc » en février. La pièce devrait être jouée par Pitoëff et peut-être par Dullin. Il profite d’une opportunité (Les Croisières Paquet en qualité d’accompagnateur animateur) pour faire un voyage en Grèce du 8 au 30 août. La découverte de la Grèce le bouleverse et le marque à jamais (voir « La Lumière Grecque »). Il rentre à l’automne à Caromb. « L’Homme Blanc » est représenté par « Le Rideau de Paris » de Marcel Herrand et Jean Marchat, le 14 décembre à Lyon, salle Rameau, puis à Bruxelles. |
1935
– |
Il
se lie avec Jeanne Lohy et Fernand Léger, chez qui il vivra 14
ans à Paris et en Normandie, dans l’aisance et la facilité
d’une bohème riche. Jeanne Léger, artiste elle-même,
a 17 ans de plus qu’André de Richaud. Il publie « L’amour Fraternel » chez Grasset. |
1937
– |
Il
réunit ses poèmes dans « Le Droit d’Asile
» aux éditions Marges. En juin, il fait répéter
« Hécube » par le théâtre de l’Exposition.
La première a lieu le 11 septembre à la Comédie
des Champs-Élysées, la musique est de Darius Milhaud.
Il projète pour la saison d’hiver de donner « Alaska
». |
1938
– |
Voyage
au Maroc où il rencontre Michel Levanti. Il répète
« Alaska » prévu à la rentrée par Pitoëff.
En octobre paraît « La Barette Rouge » chez Grasset. |
1939
– |
En
début d’année, il va à Marseille accueillir
Jeanne Léger qui rentre du Maroc. Jean Aurenches envisage une
adaptation cinématographique de « La Barette Rouge ».
Pitoëff meurt. André de Richaud fait une émission
de radio. En août, il est mobilisé à Montélimar. |
1940
– |
Il
est libéré en juillet à Toulouse. Il passe quelques
temps à Althen des Paluds et à Monteux chez Gaston Bonnet,
le maire du village, puis il rejoint Jeanne Léger à Auch.
Fernand Léger part aux USA. La maison familiale d’Althen des Paluds est vendue. La rencontre avec son frère, à cette occasion, est un drame intime pour lui (voir le récit de Pierre Séghers dans « Richaud du Comtat » et « La Cruche et la Bouteille »). En automne, il est accueilli à Bédoin, chez ses amis, le Docteur Blanc. Il passe quelques temps à Sault avec Ribemont Dessaignes. Jeanne Léger est à Mougins. Michel Levanti meurt en novembre. A la fin de l’année, « Carmen » est répétée à Marseille, mais la première est remise sine die. |
1942
– |
Il
habite Ollioules, à la Ferrare. « Poésie 42 »
n° 2, février-mars : « André de Richaud a quitté
Sault, son miel et les douces pentes du Mont-Ventoux ». En novembre,
il rejoint Jeanne Léger à Mougins jusqu’au printemps. |
1943
– |
Projet
d’adaptation cinématographique de « La Fontaine des
Lunatiques » avec Jean-Louis Barrault. En août il est à
Lisores dans l’Orne à la Bougonnière, la propriété
des Leger, avec Picasso, Cocteau et Dominguez. |
1944
– |
Paraît
chez Laffont « La Nuit Aveuglante » et chez Séghers
«La Confession Publique». |
1945
– |
Au
printemps il se casse deux fois la jambe à Biot (Alpes-Maritimes).
Il est longtemps immobilisé et souffrira toute sa vie de cet
accident et en gardera une claudication gênante. Jacques Baron le rejoint chez les Léger. Il écrit un roman et songe à un volume de lettres. |
1946
– |
En
avril il séjourne à Espalion dans l’Aveyron avec
Jeanne Léger. Il y situera « L’étrange Visiteur
» bien que certaines scènes évoquent expressément
des paysages carombais. « Le médecin-Chef de l’asile de Rodez (le Docteur Ferdière) m’avait confié Artaud quelques jours pour voir comment lui irait la liberté ! Hélas… on a dû l’embarquer hier soir – cette fois, je crois, pour la vie … J’en ai été malade toute la nuit bien que sa compagnie fût devenue pour moi un véritable martyre » (lettre à Ballard, 12 avril). Il prévoit un volume de théâtre aux éditions du Bélier, une reprise de « Carmen » au Studio après « La Maison de Bernarda » de Fédérico Garcia Llorca. En août il est à nouveau à Lisores. |
1947
– |
«
Le milieu du siècle », collection dirigée par Roger
Lane, publie en janvier 1947, un texte d’André de Richaud
intitulé « La rose de noël ». Il s’agit
d’une suite au premier tome des « Brunoy » : «
Le mauvais ». En mars, il est à Parthenay dans les Deux-Sèvres
pour faire une cure de désintoxication. Edmond Charlot, par l’entremise
d’Albert Camus, fait sa rencontre et publie « Le Mal de
la Terre ». |
1948
– |
Il
est à Paris au printemps, puis en août à Lisores.
Il se lie d’amitié avec Daniel Wallard, pharmacien à
Trouville. |
1949
– |
Mort
de Charles Dullin. |
1950
– |
«
La Chasse de Pierre Chanu » est représentée à
Marseille. En décembre, décès de Jeanne Léger : « Jeanne avait été la femme la moins intellectuelle (excusez du peu), mais la plus sincère et la plus directe du monde. Elle avait pour voir le monde la tendresse, je le dirai un jour. On se sent les mains sales quand on veut parler de certains êtres ». « Interdit au Public , inédit». |
1951
– |
Séjour
au pays, notamment à Carpentras. Ses « amis » se
cotisent pour lui payer le billet de retour à Paris. |
1952
– |
Dès
octobre, première mention de la rue des Canettes, une chambre
meublée dans l’hôtel d’Alsace-Lorraine, tenu
par Céleste Albaret. Françoise chez Proust, mariée
avec Odilon, le cochet de « La Recherche ». Adamov habitait
là aussi. « Mais Céleste faisait quand même la grande dame. On venait quelquefois la chercher pour des colloques. A côté d’elle, toujours bien mis, le plus souvent éméché, Odilon s’occupait des pensionnaires. Delteil, les frères Prévert, Fombeure, le sculpteur Belmondo, passaient au café. Richaud griffonnait des histoires. » (Georges Abbe, « Les Années 50 »). Vian, Genet, Bunuel, Aymé, Camus, viennent le voir fréquemment. Robert Sabatier se souvient de de Richaud chez les bouquinistes et Jean Lacouture, dans les salons parisiens, en grande discussion avec Adémar Martens dit Michel de Ghelderode. |
1953
– |
Il
tient un journal qu’il confiera à Jean Loise avec interdiction
de le publier de son vivant. Ce document inédit est connu sous
le titre « Interdit au Public ». Le manusceit a été
acquis par l’associarion « Lire et Connaître »
er a été versé au fonds. Il est consultable à
la bibliothèque municipale de Mormoiron. Michel de Ré met en scène « Les Reliques », la pièce est dédiée à l’interprète principal Pascal Mazzotti. Michel Piccoli joue dans le même théâtre une pièce de Calaferte et fait la rencontre de Bunuel, à la recherche de de Richaud, à propos de l’adaptation cinématographique, qu’il ne réalisera jamais, de « La Fontaine des Lunatiques ». |
1954
– |
Séghers
édite « Le Droit d’Asile ». Il s’agit
du même titre que le recueil de poèmes publié en
1937. Mais il est augmenté des poèmes des 10 dernières
années. On lui décerne le prix Apollinaire. |
1955
– |
Création
du « Secret » au théâtre de Paris par Michel
de Ré. Reprise des « Reliques ». Création
de « L’oiseau Parleur » à la Comédie
Caumartin par Michel de Ré. Une société des «
Amis de Richaud » est créée, présidée
par Michel Piccoli. Les membres : les fidèles de toujours, Camus,
Prévert… |
1956
– |
Publication
par Fasquelle d’un recueil de pièces de théâtre
: « le Secret », « Les Reliques », « Le
Roi Clos ». Il publie « L’étrange Visiteur
» écrit en 1946 à Espalion. Ce roman déconcerte
les lecteurs. |
1957
– |
Michel
Piccoli crée « Le Roi Clos », qui lui est dédié,
au théâtre de Poche à Bruxelles. |
1958
– |
Il
s’installe à Vallauris chez Ginette Voiturin. Il fait des
petits travaux, dépanne, est très vaguement jardinier.
Il vit surtout au milieu des peintres et des artistes. |
1961
– |
Il
entre le 9 décembre comme pensionnaire à l’hospice
de Vallauris. Il y restera jusqu’au 2 mars 1967. |
1963
– |
En
novembre il obtient le mandat des poètes créé par
Pierre Béarn. |
1965
– |
Robert
Morel retrouve de Richaud et publie « Je ne suis pas mort ».
Malraux, à la suite de l’article de Paris Match, crée
le prix Roger Nimier qui sera attribué au poète. Morel
réédite « La Douleur », « La nuit Aveuglante
» (édition augmentée dite originale), « La
Création du Monde ». |
1966
– |
Seghers,
l’ami d’enfance, confie à un jeune auteur, Marc Alyn,
la rédaction d’un « Poète d’Aujourd’hui
». Très rapidement, Richaud se joue littéralement
de son biographe. |
1967
– |
Mars
: diagnostic de tuberculose pulmonaire à l’hôpital
de Cannes. Il est admis le 11 avril dans un centre de traitement des
affections pulmonaires à Notre Dame de La Rouvière, au
pied du Mont-Aigoual dans le Gard. |
1968
– |
Le
17 septembre, Richaud est atteint d’une hémorragie digestive.
Il est transporté d’urgence à Montpellier où
il meurt le 29 septembre. En outre les médecins diagnostiqueront
une hernie hattiale. En exécution des dispositions laissées par de Richaud, le directeur de l’hôpital et les pouvoirs publics avertissent Michel Piccoli et Joseph Delteil. Michel Piccoli prend en cxharge les obsèques à Althen des Paluds, auprès de sa mère. |
1970
– |
Robert Morel publie « Il n’y a rien compris ». |
1985
– |
Numéro
André de Richaud, revue Regard (Marie Morel). |
1986
– |
Le Temps qu’il fait réédite « Le Mal de la Terre », « Retour au Pays Natal », « Automne », « Vie de Saint Delteil », « Comparses », « La Part du Diable », « Théâtre à l’Atelier » (« Village », « Le Château des Papes ») et publie un numéro double (cahier 3 et 4) consacré à André de Richaud. |
1991
– |
Alain Benoit publie « Le Cercueil » aux éditions Ecritoire. |